Maryssa Rachel répond à l’interview d’Indécence

Maryssa Rachel répond à l'interview d'Indécence  Interview Maryssa Rachel  Maryssa Rachel répond à l'interview d'Indécence

Maryssa Rachel
Crédit photo : Gaël Maleux

 

Merci à Maryssa Rachel d’avoir accepté de répondre aux quelques questions que je lui ai posé et que peut-être vous vous posez. 

 

1 – Parlez-nous un peu de vous, votre bio de manière succincte (Nom, pseudo, pays…)

Je déteste parler de moi, j’ai toujours un peu de mal avec mon « moi ». Pour faire simple, je suis photographe professionnelle depuis 2010. Majoritairement ce sont des femmes en quête de réappropriation de leur image, des femmes qui ont besoin de se rendre compte qu’elles sont belles qui viennent à moi. Je discute beaucoup avec mes clients, ils me font grandir.

Je m’appelle Maryssa RACHEL, je suis native de Valence dans la Drôme, j’ai quarante ans, je suis née le 1er janvier comme Michel Onfray.

Je voyage beaucoup. Paris, Bruxelles, Sud de la France… je ne peux pas rester en place. J’ai besoin de voyager pour « évoluer ».

Je suis également auteure, chroniqueuse pour parisderrière et Jeanne magazine, et réalisatrice de court métrage, d’ailleurs mon court métrage L_INTIMITE qui a été diffusé la première fois aux soirée disconnexion à Lyon puis à Paris, sera diffusé à Annecy en mars.

 

2 – Comment vous est venue l’idée d’écrire ?

 Je me souviens, je devais avoir huit ou neuf ans. J’ai commencé avec des poèmes, puis des petites nouvelles. L’écriture, c’est un exutoire, l’écriture, ça me permet de rêver les yeux ouverts, l’écriture pour moi c’est aussi important que manger, boire ou dormir.

3 – Que signifie « être auteur » pour vous ?

Attends, je regarde… « Celui qui est la cause de quelque chose » ou « écrivain ». En fait voilà c’est ça, l’auteur est la « cause » de quelque chose.

Pour moi il y a deux auteurs. Celui qui lit le livre et celui qui l’écrit. Celui qui lit le livre le lit avec son propre vécu, et s’il se retrouve un peu dans les lignes rédigées par l’écrivain, c’est que l’écrivain à fait son boulot correctement.

L’auteur sait décrire des sensations, des sentiments, il met en forme le ressenti par les mots.

4 – Vous sentez-vous auteur ?

 J’ai mis du temps à me « sentir » auteur. Puis à force d’entendre « tu es auteure », on se dit « ben pourquoi pas après tout ». j’écris avec mes tripes, je n’écris pas pour plaire, je n’écris pas pour être dans « l’air du temps », j’écris avec mes viscères, mon ventre, mon cœur, et si ça plaît tant mieux.

5- Quelles sont les émotions ou sensations que vous préférez quand vous écrivez ?

Quand j’écris je deviens une « machine ». je m’enferme dans une bulle, et ce que j’adore par dessus tout c’est lorsque mes personnages dansent autour de moi et me chuchotent à l’oreille « marque ça…écris ça ». j’aime cette bulle dans laquelle je me trouve, une bulle coupée du monde. Je suis seule, seule avec tous ces personnages qui m’accompagnent et c’est juste magique.

6 – Dans quelles circonstances vous vient l’inspiration ?

Dans les toilettes, dans les grandes surfaces, quand je suis en soirée, quand je fais l’amour, quand je suis heureuse, quand je suis triste, malheureuse, en colère, quand je me balade, quand je vais voir mes amis, ma famille ; quand je prends mon bain ; quand je suis chez mon esthéticienne ; quand je me fais chier à une réunion ; ….

 

7 – Un lieu de prédilection pour écrire ?

 Non. J’écris n’importe où. J’ai toujours sur moi un carnet, un stylo. Ou la page « note » de mon Iphone.

 

8 – Un moment privilégié pour écrire ?

 N’importe quand…n’importe où.

 

9 – Lisez-vous  des ouvrages d’autres auteurs dans votre domaine d’écriture ?

Je lis beaucoup. J’ai toujours beaucoup lu. C’était un moyen pour moi de m’échapper de la vie réelle. Je dévorais tout quand j’étais gosse. J’avais un toc, je ne pouvais pas passer devant une affiche publicitaire sans lire complètement tout ce qui était écrit, ensuite je lisais les ingrédients de toutes les boites qui se présentaient à moi, dans les salles d’attentes c’était une horreur, il fallait que je lise le maximum d’articles avant que le docteur arrive.

Depuis quelques années maintenant je me suis tournée vers la philo… : Spinoza, Nietzsche, Onfray, Comte Sponville, Misrahi, Platon, etc…

En littérature érotique ? Pietro Aretino, Esparbec…

Je suis fan d’Anaïs Nin, Marguerite Duras, Françoise Sagan….

10 – Vos personnages sont réels ou imaginés ?

 (sourire)… mes personnages sont à la fois Réels et imaginés. Je m’inspire toujours de personnes que j’ai connu pour être honnête.

11 – Duquel de vos personnages vous vous sentez le (a) plus proche ?

 Rose…bien que je sois moins torturée et beaucoup plus pétocharde qu’elle. C’est une grande gueule par contre, un peu comme moi.

 

12 – Que vous apporte l’écriture (physiquement, moralement, humainement) ?

Physiquement ? Des douleurs dorsales, des maux de tête, de la fatigue, je n’en suis pas encore aux escarres……

Moralement : une libération des sens, une libération tout court.

Humainement ? Lorsque j’écris un roman, je jongle entre « bulle d’écriture » et « sorties ». j’ai besoin de me nourrir de ce qu’il se passe à l’extérieur pour pouvoir écrire. Je me documente beaucoup aussi. Je ne peux parler d’un sujet que je serais incapable de maîtriser.

Pour Decousue par exemple j’ai passé mon temps le nez dans les bouquins qui traitaient des addictions. Pour Shemale mon premier roman (rebaptisé Another me) je me suis beaucoup documentée sur la transsexualité.

13 – Comment vivez-vous la critique positive ?

 Super bien. Je serais conne de dire « j’en ai marre qu’on admire ma façon d’écrire »…

14 – Comment vivez-vous la critique négative ?

Sur le coup, c’est l’égo qui en prend un coup. Ça fait mal. Mais après je me pose et je fais le point. Si la critique est constructive peu importe qu’elle soit positive ou négative, elle nous permet d’avancer. Cependant il y a une chose qui me fait marrer, ce sont les gens qui se permettent de juger sans développer leur propres jugements. Juste par jalousie bien souvent. Ceux là, en fait, je ne les écoute plus.

15 – Cela a t-il était difficile de vous faire publier ?

En toute honnêteté ? Je vais paraître super prétentieuse. Mais non. Je ne dis pas que je n’ai pas eu des refus, j’en ai eu comme tout le monde, mais je n’ai pas eu besoin de taper à mille portes pour que l’une d’entre elles, s’ouvre.

16 – Si vous deviez coécrire un roman avec un autre auteur, lequel serait-il ?

 Elle est morte…

 

17 – Si vous deviez dire simplement quelques mots de vous ou de votre ou vos œuvres, à un public, ce serait ?

Je ne suis pas Proust, loin de là. J’écris comme ça vient, comme je ressens. Parfois ça plaît, parfois non. Je ne vais pas mettre de jolis formes pour faire plaisir à…

Mes phrases sont souvent déconstruites.

Mes héros sont des anti-héros. Mes héros ont des faiblesses, ils sont souvent versatiles, caractériels, blindés de défauts et de petites qualités.

Quant à moi…je pense que je suis comme mes anti-héros, je suis comme ma voisine, comme le chauffeur de taxi, comme la caissière, comme toi, comme elles, comme eux…on se ressemble tous un peu au fond. On a tous un peu les mêmes histoires. On a tous l’impression que notre vie est originale ou banale à pleurer. Mais en fait, on a tous la même vie…On jongle sur quoi ? Les doutes, les peurs, l’amour, le sexe, la bouffe, la vie, la mort…c’est l’intensité qui change c’est tout…j’sais pas si je suis très claire pour le coups.

18 – Quelles sont vos projets à termes (Court, moyen et long terme) ?

Je suis en cours d’écriture pour une maison d’édition ; le contrat est signé mais tant que l’ouvrage n’est pas sorti, je me tais.

Je suis en cours d’un deuxième ouvrage, un peu particulier, je me tais aussi, tant que rien est sorti..

Mon troisième roman perso est en correction, mon quatrième roman perso attend d’être « tapé ».

je voudrais acheter une maison à la campagne, et un louer un petit appartement à Paris. J’aimerais partir à la mer aussi quelques jours…

J’ai d’autres projets, mais je suis super superstitieuse. Alors je ne dis rien pour l’instant.

19 – Votre devise ? Votre couleur préférée ?

 « Misrahi dit : « ce bonheur chacun de nous y a droit », j’ajouterai qu’il ne faut pas lâcher nos rêves, qu’il faut y croire et tout faire pour les réaliser… »

Puisqu’il faut mettre de côté le noir et le blanc… je n’ai aucune couleur préférée, je les aime toutes…

20 – Un remerciement particulier ?

Oui..

En première position. MERCI à mes enfants qui me supportent, m’aiment et me soutiennent. Artistes dans l’âme ils sont mes trésors, ma joie de vivre, ma fierté…

Merci à mes amis, Fanny, Sam, Naje, Jean, Gilles, Isabelle ; Sandra qui m’a repérée il y a cinq ans et m’a fait confiance pour la rédaction de mes premières chroniques ; Merci à Pascaline aussi parce que c’est normal qu’elle fasse partie de la liste, ça fait trente ans qu’on se connaît… Merci à mes amis, merci à ma famille.

Merci à mon amoureux, Gaël, qui a fait la couverture de mon roman DECOUSUE et qui fera j’espère la couverture des prochains romans, il est toujours objectif même si parfois, ses critiques ne sont pas faciles à entendre.

Merci à mes anges gardiens….

Merci à 5sens éditions pour leurs confiance.

Et merci à toi, Eva, merci à la  Collection Indécence.