Son interview

1 – Parlez-nous un peu de vous, votre bio de manière succincte (nom, pseudo, pays, ….)

Hum… ça commence bien ! Je n’aime pas trop parler de moi, je suis plutôt introvertie, d’où l’attirance pour la lecture et l’écriture qui sont à mon sens des domaines très personnels et intimes malgré tout ce qu’ils permettent de partager.

Jasmine Chennel est un pseudo constitué en partie par un anagramme de mon nom ; c’est celui qui résonne en moi quand je me connecte à l’énergie de la Collection Indécence et au travail que j’effectue pour ses auteurs. Je retourne à mon identité initiale dans les autres domaines de ma vie, beaucoup moins coquins !

Après avoir passé mes jeunes années d’adulte dans différentes villes de province, me laissant porter par le vent, je suis revenue vivre en région parisienne sur le lieu de mon enfance… tout en espérant le signe de la vie qui m’incitera à faire à nouveau mes bagages pour me retirer enfin en pleine nature ! Je me sens souvent bien plus fée, elfe ou lutin qu’humaine, et la forêt est mon royaume.

2 – Comment vous est venue l’idée d’écrire et de corriger des manuscrits ?

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu un goût prononcé pour la lecture ; je harcelais mes parents pour apprendre à lire avant d’entrer au CP, tellement j’avais hâte de découvrir par moi-même tous les mondes inconnus qui s’offriraient alors à ma curiosité ! L’écriture a suivi, avec un talent naturel pour le français et la rédaction durant toute la période scolaire.

Puis j’ai fini mes études et étrangement, je n’ai plus pensé à me tourner vers la littérature avant qu’une amie très chère, Eva Adams, ne m’y invite par son propre cheminement. Grâce à elle, je me suis ainsi souvenue de mes rêves et en attendant d’oser me lancer officiellement dans la rédaction de mes propres romans, corriger ceux d’autres auteurs est une manière constructive et généreuse d’optimiser mes capacités en maîtrise de la langue française.

3 – Que signifie « être auteur » pour vous ?

Transmettre. Des mots et des phrases, qui portent des idées, des émotions, une histoire… qui elles-mêmes s’insinuent dans l’esprit et le cœur du lecteur afin de le faire rêver et voyager, mais aussi s’interroger, ouvrir ses perceptions et grandir. Qu’il s’agisse d’écrire un essai philosophique, un roman d’aventure ou un texte publicitaire, le but devrait toujours être le même : délivrer un message, même implicite, qui rendra le monde meilleur.

4 – Vous sentez-vous auteur, correctrice, conteuse ?

Je passe mon temps à m’inventer des histoires ! Je me sens totalement étrangère à notre ère technologique et matérialiste, alors je crée les mondes me permettant de vivre une existence parallèle… De là à les coucher sur le papier, il n’y a qu’un pas, cependant pas forcément aisé à franchir car planter un décor, faire parler avec justesse des personnages et exprimer des émotions intenses à l’aide de simples mots demande incontestablement un véritable talent.

Quant à l’activité de correctrice, ce n’est peut-être pas une vocation au départ mais néanmoins une formidable aventure humaine. Accompagner les auteurs dans leur travail, entrer dans leur intimité avant même que les manuscrits ne soient proposés au public, découvrir leurs univers avec le recul dont ils ne sont plus capables de faire preuve en tant que créateurs… et ainsi déceler pour eux les fautes, maladresses et incohérences, est un travail d’humilité qui se pratique dans l’ombre. Toutefois, c’est aussi extrêmement gratifiant : quand je propose mes corrections, j’ai la sensation d’apporter ma participation à une œuvre, à quelque chose de plus grand, et ainsi de faire partie du Tout.

5- Quelles sont les émotions ou sensations que vous préférez quand vous écrivez ou quand vous lisez ?

D’une manière générale, et cela s’applique à tous les domaines de mon existence, j’aime m’évader du quotidien, ressentir la magie de la vie en toutes choses et éprouver des émotions intenses. C’est ce que je recherche dans la lecture, et ce que mes toutes récentes et encore trop rares périodes d’écriture en tant que futur auteur – peut-être ! – me permettent d’expérimenter.

6 – Dans quelles circonstances vous vient l’inspiration pour écrire ou corriger ?

J’envisage la correction comme un travail quotidien, qui se doit d’ailleurs de respecter certains délais et me demande plus de concentration que de capacités créatives, donc l’inspiration y a peu de place.

En ce qui concerne l’écriture, c’est assez aléatoire. Par expérience, je dirais qu’il s’agit de périodes variant de deux semaines à un mois et demi, qui reviennent tous les trois à six mois, durant lesquelles tout mon être se laisse « infuser » par un univers, une quête, des personnages… qui s’imposent à mon esprit comme s’ils existaient réellement, et me demandent – avec une certaine exigence parfois ! – d’écrire leur histoire. La sensation est troublante et me place dans un état légèrement autistique où je perds le contact avec la réalité pour ne plus vivre que par les aventures qui se créent au fur et à mesure sous mes yeux. C’est grave docteur ?!

7 – Un lieu de prédilection pour écrire /pour corriger ?

Ma bulle, encore et toujours ! Mon petit chez-moi duquel j’aimerais parfois m’échapper mais qui représente aussi un havre de paix et de tranquillité et me permet de me ressourcer.

8 – Un moment privilégié pour écrire /pour corriger ?

Pas vraiment. Vivant seule avec mon chat – ne riez pas du cliché s’il vous plaît ! – j’organise mon temps de travail à ma convenance… ce qui est une excellente chose compte tenu du fait que je souffre souvent d’insomnies. Mes nuits sont donc particulièrement productives en général, mais la journée me convient bien également, l’essentiel étant que mon esprit avide de changement et de liberté puisse choisir à chaque instant de travailler ou de passer à autre chose.

9 – Lisez-vous des ouvrages d’autres auteurs dans votre domaine d’écriture ?

Il serait prématuré de définir un domaine d’écriture qui sera peut-être le mien un jour, quoique, comme je l’ai mentionné plus haut, j’aie une nette attirance pour le médiéval-fantastique et en aie énormément lu, précisant par là même mes préférences en termes de récit et d’ambiance.

Mais par les temps qui courent, je lis plutôt du BDSM ! Les auteurs de la Collection Indécence étant suffisamment nombreux et prolifiques, je n’ai pas ressenti le besoin d’aller voir ailleurs si l’herbe était plus verte… ou les liens plus serrés ! Exception faite de mes tous premiers pas dans ce domaine, lors desquels j’ai essayé de me teinter de 50 nuances, histoire d’avoir les moyens de comparer. Je n’ai jamais réussi à aller plus loin que le début du tome 2…

10 – Vos personnages sont réels ou imaginés ?

Bonne question ! N’écrivant pas de biographie et baignant dans la magie de la Fantasy, je devrais dire qu’ils sont imaginaires… Et pourtant, lorsque l’inspiration m’habite, j’éprouve la sensation non pas de créer, mais bel et bien de retranscrire un récit existant déjà quelque part, peut-être dans une autre dimension !

11 – Duquel des personnages cités ci-dessus, vous sentez-vous le (la) plus proche ?

Mes manuscrits n’étant pas encore proposés à l’édition, la réponse ne vous renseignera pas beaucoup. Disons simplement que j’offre une part de moi à chacun de mes personnages, qu’ils soient hommes ou femmes, jeunes ou vieux, qu’ils incarnent le héros, son meilleur ami ou le « vilain méchant ». C’est puissamment initiatique de déceler des traits de ma personnalité chez tous ces êtres extérieurs et pas forcément irréprochables !

Je pressens que les auteurs d’Indécence relatent aussi beaucoup leur propre vécu, et bien que le BDSM ne soit pas mon domaine de prédilection, le récit de ces expériences éminemment intimes est plus que touchant, notamment du point de vue de la quête identitaire.

12 – Que vous apportent l’écriture et la correction (physiquement, moralement, humainement) ?

Oups ! Je crains d’avoir devancé cette question par ma réponse précédente. Voir ci-dessus !

13 – Comment vivez-vous la critique positive ?

Mmmm… difficile à dire ! Une part de moi s’en réjouit bien sûr, mais manquant cruellement d’assurance, j’ai toujours un peu de mal à y croire. De plus, les compliments ont tendance à me mettre la pression pour la suite, ce qui s’avère tout sauf productif. C’est re-grave docteur ?!

14 – Comment vivez-vous la critique négative ?

Plutôt sainement si elle est constructive, étant toujours prête à me remettre en question afin d’évoluer.

En revanche, une critique s’apparentant à du jugement a le pouvoir de détruire. C’est un élément que j’essaie de garder constamment à l’esprit lors de mes corrections, pour ne pas involontairement « briser » les auteurs sensibles… ce qui est probablement un pléonasme !

15 – Cela a-t-il été difficile de faire votre place en tant que correctrice ?

Non en fait ! Les choses se sont enchaînées naturellement, en partie dues à ma compétence dans ce domaine je l’espère, mais aussi grâce à l’appui d’Eva Adams, directrice de collection, qui a eu l’occasion de travailler avec moi sur ses propres manuscrits et a souhaité poursuivre cette collaboration féconde dans le cadre d’Indécence.

16 – Si vous deviez coécrire un roman avec un autre auteur, lequel serait-il ?

Je suis plusieurs pistes dans ce sens, avec des amies qui souhaiteraient se lancer dans l’écriture d’un roman mais ne se sentent pas suffisamment sûres d’elles pour mener à bien cette tâche en solitaire. L’avantage de la double casquette correctrice/presque auteure, c’est que ma participation sur un projet de ce genre peut être aussi bien assez directive que très souple, selon les besoins. Quoi qu’il en soit, je n’imagine pas une telle collaboration en dehors d’un lien d’amitié, pour le moment tout au moins.

17 – Si vous deviez dire simplement quelques mots de vous ou de votre ou vos œuvres, écrites ou corrigées, à un public, ce serait ?

L’écriture est la plus belle invention de l’histoire de l’humanité ! (quoique la machine à laver ne soit pas mal non plus…) Alors chers lecteurs, laissez-vous encore et toujours charmer et séduire par de nouveaux récits, qui vous amèneront à percevoir à chaque fois la vie sous un angle un peu différent. C’est la plus extraordinaire des richesses.

18 – Quelles sont vos projets à termes (court, moyen et long terme) ?

Poursuivre sur cette lancée ! Et trouver le courage, un jour prochain peut-être, de proposer mes écrits au public…

19 – Votre devise ? Votre couleur préférée ?

Euh… Pas de devise, ou alors elle varie au gré de mes humeurs changeantes. Aujourd’hui ce pourrait être : la vie est palpitante, même quand je suis bloquée chez moi parce qu’il pleut des cordes (eh oui, interview réalisée en juin 2016 !).

Et j’adore le rose. Mais attention, ni bonbon ni Barbie, plutôt un rose… angélique. Cependant, si je devais conserver une seule perspective visuelle colorée, celle qui me nourrit le plus, dont jamais je ne pourrais me passer, celle qui me fait instantanément ressentir la joie et la paix intérieures, ce serait le vert des feuillages au printemps et en été, se découpant sur le bleu infini du ciel. C’est ça le bonheur.

20 – Un remerciement particulier ?

À Eva Adams bien sûr, qui m’a ouvert la porte, me permettant de tenter l’expérience, et à Lilian Ronchaud pour m’avoir donné ma chance.

Aux auteurs de toutes les époques dont les écrits ont guidé, jalonné et enrichi mon existence, et sans lesquels je n’aurais peut-être jamais su apprécier l’art littéraire et trouvé l’inspiration.

Enfin et surtout, à ma Maman pour ses encouragements et son soutien inébranlable, et pour m’avoir fait subir quotidiennement des dictées pendant toutes mes classes d’école primaire… Elle m’avait bien dit qu’un jour je la remercierais !